
Il y a eu les visites préliminaires, les nettoyages des pierres et monuments, les montagnes de fleurs sur les tombes récentes à constater,
les écriteaux que la mairie a suspendu sur celles qui lui semblaient abandonnées afin de les redistribuer
« ils font du zèle ! » a dit mon frère irrité par ce manque de respect pour les morts qui s’étaient donnés un beau tombeau de famille et que l’on veut déloger
il y a eu, d’abord, quelques pensées à repiquer dans les jardinières de pierre
Puis, dès vendredi, l’installation des chrysanthèmes en pots, des fleurs coupées roses et lys, dans les vases aux initiales gravées.
« Un beau temps de Toussaint ! » à ne pas se rassasier de retourner au cimetière
- pour admirer, des fleurs, le soutien aux vivants
- pour rassurer les morts sur notre souvenir apaisé
Ce qui est bien, dans les allées, le jour même ou la veille, c’est les rencontres que l’on peut faire … Plusieurs visiteurs disent que nous serons les derniers à aimer la Toussaint, ses rites, ses obligations, ses promenades
« Qui viendra sur nos tombes ? »
La question les travaille. Nous restons des ruraux qui se soucient que l'on cultive la terre après nous, que l'on reprenne du missel les pages perdues.