Mots et couleurs

textes auto-biographiques anciens et actuels, poésie, chansons, contes et nouvelles

16 avril 2016

à coeur perdu

les coeurs en fleur dans les bras du dimanche
les coeurs perdus posés sur les rochers
tout se fane, tout se transforme certes tout change
il n'est que forme pure, gage d'éternité

15 avril 2016

c'est curieux

comme la vieille tuile a un sourire narquois
elle ne sert plus à rien, c'est vrai !
mais de là à nous dire que nous
faisons de même
que les ans ont passé sans se donner la peine
de tous nous retenir dans les plis de nos pas

C'est curieux !  je me dis perplexe et étonnée
Mon appareil photo tout seul se déclenche
interprète la tuile de mes réalités
et confond mon viseur au rêve des dimanches
quand on riait si fort en trinquant sous les branches
du platane hardi que papa a planté


14 avril 2016

les gars du chantier


Vus de haut ils sont si petits

Casqués, bottés mais sans scaphandre
Qu’on a peine à imaginer
Qu’ils puissent pêcher à la ligne
Avec des grues si haut perchées

Et pourtant combien efficaces
Car sous leurs doigts liliputiens
On voit monter chaque matin
Des pans de murs, des rangs d’étages

Comme si le projet final
Était d’atteindre à tout le moins
Jour après jour et une à une
La lune !

06 avril 2016

coquillages

Pendus, Contents,

Ils tintinnabulent au vent
De Sète ils ont quitté la plage
Quitté sable pour air transparent
Ce sont les joyeux coquillages
Un à un cueilli comme fleur
En bouquets ils respirent encore
la mer et ses eaux nourricières
Contents, heureux
D’avoir été choisis chacun
pour ses nervures et pour son grain
subtil sous la paume attentive
Pendus, contents d’avoir rejoint la rive
où le temps les prend par la main
Ne croyez qu’ils nous font la nique
les jolis coquillages antiques
ils rêvent de nous émoustiller
au creux de l’oreille d’un baiser
marin comme le capitaine
suspendu comme l’astronaute
et frais comme le fond de l’air.


26 mars 2016

ça suit son cours !

beau soleil pour la parade
pour un reportage sérieux achetez le MIDI LIBRE ou guettez internet
mais pour un petit coup d'oeil

22 mars 2016

les voilà

ils arrivent les mariniers
ils arrivent du bout du monde ...

Pour faire escale et pour trinquer
à l'avenir- bateau à voiles
sans nul risque de dériver 
ils croisent mâts et écoutilles
filins, musiques et discours
et le bon peuple leur fait signe
prêt à croire pour quelques jours 
que les marins sont troubadours

20 mars 2016

Escale à Sète

encore quelques jours et la marée va amener jusque sous nos fenêtres les bateaux à voiles des cinq continents. Les quais se préparent, le temps aussi, laisse passer ses accès de mauvaise humeur, pour se maintenir au beau fixe.
en même temps on fêtera les 350 ans du port
rendez-vous ici pour la petite chronique 

05 mars 2016

changement de temps


depuis la glace
L’amour te regarde
Il te fait les doux yeux, tu as baissé la garde
Tu as tout oublié des anciennes blessures
Et, neuve comme un sou, tu pars à l’aventure.
Tu le vois dans le ciel, tu le vois au jardin
Et riche de ses dons, tu donnes à pleines mains

04 mars 2016

poème en rodage


Le poème s’était réveillé

Déjà aigri, déjà brisé
La nuit ne lui porta conseil
C’était un poème à l’oseille
Pas à l’oseille, argent subtil
Non ! Oseille cuite avec des fils
-Ton thé n’a pas ôté ma toux
J’suis poème qui ne vaut un clou
- Bon ! je vais te mettre à la poubête
Concilia la main du poète
Mais le poème lui échappa
Et sur ses pieds trouva le la

Moralité
Le poème est libre quoi qu’on fasse
Inutile de voiler sa face
de concilier argent content
l'amertume et le bon
iment

20 février 2016

les oranges sur le quai


Les oranges alors n’étaient que pour les riches

Si bien empaquetées que, même du regard,
Les gamins faméliques n’en voyaient la couleur.
La veille de Noël les mères, les nourrices
Tentaient d’imaginer comment les faire tomber
D’un arbre prolifique jusque dans les souliers.
Sur le quai les dockers gardaient la cargaison
Pas besoin de fusils, de lances et de piques
La loi dessus les têtes suffisait à proscrire
Et bien mieux que des chaînes protégeait le navire.
Voiles et cheminées au fin fond des ruelles
Afrique, Amérique, tropiques et oranges
Étaient des mots abstraits comme sourire d’ange.
Jusqu’où sont-ils allés ces ballots légendaires
Jusqu’en lointaine Hollande ou prude Angleterre ?
Il ne s’en souvient plus, il a tout oublié
le vaillant capitaine au fond de la tranchée
Immobile dans la boue en attendant les Boches
Il tient entre ses doigts, surgie de quelle poche ?
Une peau craquelée, orange de mémoire
Lui parler lentement d’improbable victoire
déchargement des oranges Port de Sète Anonyme

15 février 2016

encore la colombe !

si rapide l'alouette
qu'elle attrape un coin de ciel
pour le porter plus loin
le jour de la St Valentin

14 février 2016

brin de chanson

Ah ! retrouver la chanson bien douce

La chanson vague sur la mer
La chanson feu des soirs d’hive
La bonne chanson familière
 
Ah ! quand le chemin s’allonge sur le tard
Ah retrouver son pas et peut-être l’espoir
Au rythme d’un refrain accrocher ses semelles
Au pas d’un rigaudon trouver la ritournelle
 
Ah voyageur sans bagages
D’un train fantôme sur un quai désert
Retrouver la chanson douce et familière
La chanson vague sur la mer
La chanson feu des soirs d’hiver
 
Et puis s’en aller prendre l’air !