08 novembre 2009

Une bonne pluie


photo: la grotte du parc au Musée Hébert

C'est ainsi que l'on désignait l'averse, l'orage, la saucée, le sac d'eau ... una bouna plaeve. l'adjectif rendait compte à la fois de la quantité et de la qualité. Cette pluie bonne je l'ai retrouvée dans "Désert" de Le Clézio
"Au bout d'un instant, Lalla entend le jet d'eau qui jaillit des gouttières, et qui frappe le fond des tonneaux de kérosène vides : elle est heureuse, comme si c'était elle qui buvait l'eau. au commencement cela fait un fracas de métal et puis, peu à peu,les tonneaux se remplissent et le bruit devient plus profond. Et l'eau ruisselle de tous les côtés à la fois, sur la terre, dans les flaques, dans les vieilles marmites abandonnées au dehors. la poussière sèche de l'hiver monte dans l'air quand la pluie bat le sol, et ça fait une drôle d'odeur de terre mouillée, de paille et de fumée qui est bonne à respirer. Il ya des enfants qui courent dans la nuit. Ils ont enlevé tous leurs habits et ils courent tout nus sous la pluie, le long des rues, en poussant des cris et des rires. Lalla voudrait bien faire comme eux, mais elle est trop vieille maintenant ..."
Trop vieille ? bof ! pourquoi pas !

07 novembre 2009

La pluie



La voilà qui redégringole ! Sur Belledonne la meute des nuages venus de l'ouest avalent les cimes. Le toit métallique résonne comme d'habitude en maugréant : Ah non ! ça recommence ! ah non ! ça va pas continuer comme ça !
Passe une très très vieille phrase de l'auteur. Elle devait avoir dans les dix ans. Elle commençait une carrière littéraire. Elle se souvient : c'était chez la voisine. enfin ... peut-être. C'est chez la voisine qu'est censée avoir commencé la vie réflexive. La phrase disait donc "la pluie tombe. Voyons la pluie ça ne meurt pas !" les nuages de phrases se rassemblent "Homme ... tout au long du temps tu vantes le soleil levant, soleil couchant ou de midi ... et moi la pluie ?" Première tentative de positivation ! Première tentative pour installer la pluie au soleil. Première tentative pour se positionner, toute petite, dans les éléments, sur la ligne du temps, grâce aux mots parapluies.
Bref ! Chers amis qui pourriez être attirés par un titre aussi attractif, je suis revenue pour vous tenir au courant du temps qu'il fait. En général sur la planète. A st Nizier du Moucherotte. Dans mes neurones.
Il pleut. je vous donne des pommes de reinettes et /ou pommes d'api pour m'en remettre. Jonglez avec elles comme avec les mots du temps qui passe.

- "Poètes du temps qui passe
la beauté se cache encore ..." ( Philippe Forcioli)( il chante)
- "c'est la pluie qui tombe goutte à goutte ..." Charles Trenet ( il chante aussi sous la pluie)

06 novembre 2009

Pommes de reinette



Chaque année le village s'offre une Fête de la Pomme. Nous sommes ( collectivement) un village choisi par les Dieux et Le Rhône pour donner aux pommiers les meilleures chances de développement. C'était déjà le cas dans mon enfance et mon père avait planté des pommiers mais aujourd'hui, la vente de pommes est devenue téléguidée. Donc, fête il y a avec foule de visiteurs qui ne se posent pas trop de questions sur la façon dont les pommes arrivent dans les sacs ( un bonne vingtaine de traitements). Bah ! ne retenons de ce dimanche de fête que les activités ludiques, gratuites, fantastiques ! Les clowns par exemple. sous le préau de l'école l'association des Croqueurs de pommes a exposé et répertorié toutes les variétés anciennes Dont celle-ci en forme d'étoile fort seyante sur la photo non ?
Chez Mary Webb "Sarn" " Il y avait les coussinettes, les reinettes dorées ou grises, les pommes d'api toutes rouges et les francatus, les nonpareilles et les royales, les grandes pommes vertes à cuire au four, les mouronnets et les court-pendus.
et chez Madeleine Chapsal " on attend les enfants "
"... un étalage de pommes, choisit celles du cru, les "clochardes" un peu grises et savoureuses"

05 novembre 2009

Au cimetière




Il y a eu les visites préliminaires, les nettoyages des pierres et monuments, les montagnes de fleurs sur les tombes récentes à constater,
les écriteaux que la mairie a suspendu sur celles qui lui semblaient abandonnées afin de les redistribuer
« ils font du zèle ! » a dit mon frère irrité par ce manque de respect pour les morts qui s’étaient donnés un beau tombeau de famille et que l’on veut déloger
il y a eu, d’abord, quelques pensées à repiquer dans les jardinières de pierre
Puis, dès vendredi, l’installation des chrysanthèmes en pots, des fleurs coupées roses et lys, dans les vases aux initiales gravées.
« Un beau temps de Toussaint ! » à ne pas se rassasier de retourner au cimetière
- pour admirer, des fleurs, le soutien aux vivants
- pour rassurer les morts sur notre souvenir apaisé
Ce qui est bien, dans les allées, le jour même ou la veille, c’est les rencontres que l’on peut faire … Plusieurs visiteurs disent que nous serons les derniers à aimer la Toussaint, ses rites, ses obligations, ses promenades
« Qui viendra sur nos tombes ? »
La question les travaille. Nous restons des ruraux qui se soucient que l'on cultive la terre après nous, que l'on reprenne du missel les pages perdues.

04 novembre 2009

fall's end

j'ai regardé tomber les feuilles londoniennes
sur ma vitre
si nombreuses, pressées, stressées dans le matin
solitaires ou sereines
Elles tombent, elles se posent
finissent
et cependant
caressent sur ma joue le reflet de ce temps
d'échange, de partage, d'automne à cueillettes
j'ai regardé les yeux de ce mois de novembre
ouverts sur l'immédiat
ouverts sur l'infini
et je murmure dans ma chambre Merci Julie !
ne pars pas pour l'instant
ne pars pas cette nuit !
les feuilles ont encore besoin de toi
et moi aussi !

j'essaie



J’essaie
Je fais de mon mieux pour rester dans la vague
J’étire mes vertèbres
Je prends la nuit par son milieu sans rebuffade
J’examine et je teste quelques mots qui s’alignent
Petits soldats de plomb dressés pour la parade
Séculaire, la pendule sonne l’heure ( les jours s’en vont, je demeure)
contente -on dirait- la pendule, l’horloge, que quelqu’une ait tendue avec elle l’oreille au temps
La pluie s’est arrêtée
Sur les murs les photos sourient à regarder
J’essaie ...
Permettez !

et le même soleil revient à St Nizier ce matin de novembre

03 novembre 2009

Les Champignons


reviennent à l'automne
un peu de pluie, beaucoup de vent, les voilà qui frissonnent
ont besoin de bons mots, de mots doux, de sourires ...
les champignons ont décidé qu'ils veulent rire
dans la poele où le jour les verse doucement !

09 août 2009

NE SE TERMINE PAS


Ne se termine pas le chemin. S'en va son petit train train. De génération en génération conduit vers et ramène de ... Accepte les tournants, les lignes droites, les redites, les découvertes. Petit chemin d'herbe ou chemin de cailloux. Mouche les genoux " caramouche" dirait l'ancêtre qui s'y connaissait en chutes et anichroches de toutes sortes. Lisse aux coudes et sur les joues le vent frais, la douce brise. Tanne le cuir de la plante des pieds ... Porte encore chez moi pour les nostalgiques le nom de VIE, via ainsi cette Vie Neuve qui n'a jamais vieilli et où les noisetiers tendent leurs bras aux écureuils... S'appelle encore CHARRET, CHEMIN DE TERRE puisqu'il accepte les chars et les tracteurs, puisqu'il conduit aux "terres" que l'on cultive. Ne se termine pas, même quand il est arrivé. Recommence. Pour toi le Paul qui aimait tant t'y installer avec ton pliant, ton chevalet, tes pinceaux. Comme tu m'as appris à regarder ! "Ne copie pas disais-tu, dis à ta main d'aider ton oeil, à ton oeil de tenir ta main. Ne comprends pas ! Ne cherche pas à comprendre, à mesurer, à expliquer. Va avec. Respire avec." Je garde sur le mur ton tableau du chemin entre les peupliers. Ne finira jamais le tableau du cousin Paul. Affiche toujours l'éternité. Recommence aussi pour toi la Berthe qui m'a laissé ta maison. Garde les salicaires, les reines de prés, les cannes d'or et les églantines exactement comme tu l'a voulu. Ne se termine pas, ma mère, le chemin tant que je plante, sur son bord, tes chansons et tes recettes de cuisine.

08 août 2009

ENSEMBLE DE PRATIQUES


toujours de l'atelier d'écriture

je panique ... un ensemble de pratiques ? ... alors que je n'ai jamais pu ensembler quoi que ce soit. Ensembler ou assembler ? Mettre en Semble, faire semblant avec une unité qui se dérobe toujours. Il serait temps pourtant. J'ai passé le cap des incertitudes destructrices. Le cap ? la tête, la têtasse ? Celle qui bourdonne et siffle le vent dans les mâtines ?
Comment ai-je fait pour doubler le cap et l'ai-je d'ailleurs doublé ? Je ne sais. Je ne sais ni conduire la barque, ni repérer sur la carte les îles et les brisants. et cependant ... Par un ensemble de pratiques d'écriture, certes aléatoire, je recompose à ma manière, incohérente et non rédhibitoire, l'ensemble de mes jours fixés sur une toile.
Une toile d'araignée. Je l'ai regardée se faire entre le sol et la branche hier même. j'ai admiré. Tenace l'araignée ! Géomètre expert. La toile déchirée par le vent, un visiteur qui passe : elle recommence. Dans l'air aux mille directions elle choisit les points d'ancrage. Elle tourne en rond. Volontairement. Elle échafaude, elle équilibre. D'où lui vient cette science si exacte, si parfaite ? Du hasard de la branche ? De la proximité du ciel et de la terre ? Se pose-t-elle la question ? Elle avance. Dans la lumière de l'été, petite tâche sombre, elle pratique. Sa toile est un piège nourricier. Pour elle-même. Arachnéenne. Légère de
sa suspension dans l'es
Parfois !

ENVERS ET AUJOURD'HUI


petit retour furtif dans l'adsl
de l'atelier d'écriture aussitôt ouvert ce matin ENVERS

En vers tout passe mieux. Potion magique pour qui a, dès l'enfance, avalé à dose répétitive ces morceaux calibrés du langage des dieux. Les vers: les longs, les courts, les moyens ... les iambes, les octo, les déca, les alexandres, m'ont permis de franchir les étapes ennuyeuses, les bachotages, les fêtes de famille, les mariages ratés ... oh vers de mirliton parfois ! Chansons. ils m'ont permis d'avancer jusqu'à aujourd'hui ...
il était une fois- et deux serait coutume-
une enfant mal lotie qui s'inquiétait de tout.
Sur la branche d'un arbre elle posa une plume.
Elle se gratta l'oreille et parla au coucou.
Coucou lui répondit avec cette insistance
que la vie au grand air donne à qui veut l'entendre
"Prends ton temps pour écrire et entre dans la danse !
Tes vers comme le vin seront souples et tendres.
Il suffit que tu crois pouvoir en faire le tour."
Envers et contre tous, la fille alors, sereine,
tricota des chansons et chaussa des poèmes.
Elle partit sur la route comme un bon troubadour.
Arrivée au couchant de ce livre immense
elle regarda la plume qui tombait de ses doigts
Chercha à la troquer contre une robe en soie.
Mais sur le marché fi ! Personne ne voulut
lui payer les endroits ni les envers du cru.
Tant pis , se dit la fille, sans se décourager,
je reprendrai la route si j'avais à reprendre
avec même souliers.
Envers mon père, envers ma mère et envers mes enfants,
je referai la route des mêmes sentiments

30 avril 2009

TULIPES


Les tulipes du départ
à l'arrivée sont fanées
Ne pas s'en désespérer
Attendre du mois de mai
le muguet

"le temps aux plus belles choses
se plait à faire un affront"
Mais je tresserai des roses
sous mon front

29 avril 2009

PORTES


à l'atelier d'écriture

Je sais bien qu'elles doivent être ouvertes ou fermées mais comment faire pour accepter cette évidence. J'ai mal des portes fermées irrémédiablement, portes mortes; Je n'arrive pas à dépasser ce seuil stérile où j'attends encore qu'on me demande. J'ai mal des portes ouvertes qui battent sur leurs gonds et donnent sur le vide. J'ai le souvenir d'un texte que j'ai écrit là-dessus. je voyais, avant les mots, la porte des cieux, la porte de l'abîme, et ne savais comment atteindre ma vision. Coïncidence : j'ai demandé la semaine dernière à Julien de repeindre la porte d'entrée de ma maison. Une vraie porte lourde de bois. En bleu comme la précédente couche. J'ai lessivé la porte avant de partir, je devrais la retrouver dans deux jours transformée. Ultime porte de mes bagages posés. A moi celle-ci exclusivement. Ni porte de l'enfance. ni porte du mariage. Porte bleue à repeindre de temps en temps. Porte à vieillir en paix. A laisser ouverte aux visites. A fermer sur la nuit et ses fantômes. Elle est précédée par une pierre usée par les générations. Il a un creux pour les fesses. J'aime m'y asseoir, m'y déposer avec un plateau repas ou un livre. Surtout le soir. La porte dans mon dos reste entrebaillée, il suffit que je la pousse dans un sens ou un autre. De toute manière je suis chez moi. A l'intérieur, à l'extérieur. Voilà le texte lointain revenu dans ma mémoire par sa conclusion optimiste, résolument optimiste :
" Depuis au seuil de la maison elle chante ... Il faut bien."
ça a marché ! ça peut servir d'écrire les portes !

18 avril 2009

AU REVOIR !


( proposition du jour à l'atelier d'écriture)

Au revoir ! je m'en vais demain.
Au revoir ma soeur, garde ton coeur au chaud jusqu'à mon retour. Que tes jambes te portent pour la petite promenade quotidienne sur le petit chemin. Je reviendrai dans une semaine. J'aurais regardé une ville inconnue, des beautés annoncées dans les guides touristiques. Je ne te parlerai pas de mes découvertes mais j'aurai nourri mon regard d'espoir et de patience et nous reprendrons ces pas lents. Tu me diras " c'est beau ce vert ! " "oh ces tulipes ! COmme elles sont jolies !" " as-tu bien dormi ?" Je répondrai autant de fois qu'il sera nécessaire pour te rassurer, te confirmer que nous sommes bien là toutes les deux dans le printemps et tu ajouteras souvent : " on est bien !" et puis encore " ma Gie!" en me tapotant la main;
Au revoir Chantal ! Merci de tes voeux de bon voyage ! Merci de notre projet, de nos échanges en direction de notre cinquième saison, celle des renouvellements et des consolidations. Celle où nous avons dans notre bouche tant de mots ronds et sucrés, tant de bonbons de rire et d'audace que nous en salivons d'avance ! Merci pour la force et la joie !
Au revoir Claire la bien nommée. J'ai encore dans les oreilles les notes de ta flûte qui s'échappaient en regardant le Rhône. Le cygne sur le bord naviguait lentement comme attiré par la musique et les cyclistes sur la digue posaient pied à terre et disaient après un long silence " Bravo !" Tu répondais " merci !" en souriant !
Au revoir ! Je m'en vais demain !

31 mars 2009

PISSENLITS


Il cueille des pissenlits. Tiens ! c’est donc la saison !
Malgré la neige, malgré la pluie
Cueillir des pissenlits peut être une bonne occupation !

Parce qu’ici ils sont rabougris
j’m’en vais cueillir des pissenlits
dans mon pays
Là où l’herbe est plus verte
Les oiseaux plus joyeux

J’emporte les patates à germer
Elles ont d’ailleurs déjà commencé
dans le panier
Ne reste plus qu’à trouver
Un jardinier !
Oh j’vais bien y arriver !

J’lui dirai des poèmes pendant qu’il bêchera
A moins qu’il ne préfère des tra déridéra